Application deleuzienne — La reliance sans réduction

Intention pédagogique

Faire de la reliance un concept qui guide les pratiques managériales, plutôt qu’un simple idéal de création de liens. Dans l’esprit de la philosophie comme création de concepts développée par Gilles Deleuze et Félix Guattari dans Qu’est-ce que la philosophie ?, partir d’un problème vécu pour construire un outil de pensée et d’action.

La « reliance sans réduction » est une proposition pédagogique personnelle, et non une expression ou une définition attribuée à Deleuze et Guattari. Cette application transpose librement leur démarche de création de concepts ; elle ne confond pas cet apport avec le concept de reliance mobilisé chez Edgar Morin.

Partir d’un problème concret

Situation hypothétique à éprouver en formation : une équipe échange beaucoup, mais ne se comprend plus. La direction parle de performance, les collaborateurs de reconnaissance, les experts de qualité. Les réunions se multiplient, mais chacun reste enfermé dans son langage.

Le problème n’est pas seulement : « Comment les faire communiquer ? » Il devient : « Comment rendre leurs préoccupations mutuellement intelligibles sans effacer leurs différences ? »

Élaborer un concept de travail

La reliance sans réduction :

Une relation dans laquelle chacun peut contribuer Ă  une action commune sans devoir abandonner ce qui compte pour lui.

Pour « oser la confiance », il ne s’agit donc pas d’exiger une adhésion uniforme, mais de créer les conditions pour exprimer les différences, comprendre les préoccupations d’autrui et agir ensemble sans les nier.

Atelier — Relier sans confondre

Point de départ : choisir une décision concrète qui divise le groupe, réelle ou issue d’un cas pédagogique.

  1. Faire émerger ce que chacun cherche à préserver. Demander : « Dans cette situation, qu’est-ce qui compte pour vous et que les autres ne voient peut-être pas ? »
  2. Organiser une reformulation croisée. Chaque personne reformule la préoccupation d’une autre, jusqu’à ce que celle-ci puisse dire : « Oui, c’est bien cela. »
  3. Construire une action qui tienne ensemble les différences. Demander : « Quelle petite décision pouvons-nous prendre qui respecte ces préoccupations, et quelle tension restera à travailler ? »

Livrable attendu : une décision commune, accompagnée d’une formulation explicite des préoccupations prises en compte, des tensions restantes et d’un point de suivi.

Débriefing et transfert managérial